Pourquoi un blog ‘Inspiration Basquiat’

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‘Basquiat’s expressive art exploded on the 80s art scene like a jolt of adrenaline. From the Comme des Garçons fashion show to Blondie videos and documentaries, Jean-Michel was the definition of cool and everybody wanted a piece of him. Today his influence continues to make waves, with his work inspiring the worlds of hip hop, fashion and beyond.’

(traduction)

Comme une décharge d’adrénaline, l’art de Basquiat explose sur la scène artistique new-yorkaise des années 80.

Du défilé Comme des Garçons en passant par les vidéos de Blondie et les documentaires, Jean-Michel est la définition vivante du mot ‘cool’ et tout le monde en veut sa part.

Aujourd’hui son influence continue à faire des vagues et son œuvre inspire les mondes du hip hop, de la mode et au-delà.

Nous avons choisi  de visiter, dans ce blog, les différents mondes influencés par Jean-Michel Basquiat, de la mode à la musique en passant par la coiffure, la peinture ou l’écriture ; des mondes dont nous nous sentons très proches dans nos vies quotidiennes, sur le plan de la vision, de la création multi-formes et de la rebellion.

 

Nahuel Serrano et Raphaël Quintas

Basquiat inspire leur vie

Une histoire de rencontres, par agnès b.

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Née à Versailles en 1941 au sein d’une famille nombreuse, Agnès Troublé s’est construit une place de choix dans le secteur de la mode sous le nom d’Agnès b.

Mais, loin de se limiter à la mode, Agnès Troublé cultive également une passion pour l’art contemporain. En 1984, elle inaugure une galerie rue Quincampoix à Paris, où elle expose ses coups de cœur pour des artistes de tous styles, photographes, graffeurs, peintres… Collectionneuse et mécène, elle soutient de nombreuses manifestations artistiques, édite un périodique intitulé Le Point d’ironie, participe à la restauration du chef d’œuvre de Jacques Tati, Playtime, ou produit Seul contre tous de Gaspar Noé. Elle est également à la tête d’une société de production cinématographique, baptisée Love Streams en hommage à John Cassavetes.

Femme d’affaire à succès, agnès b. soutient de nombreuses associations, parmi lesquelles Aids, Act Up ou Handicap Internationa

Ayant l’occasion de passer très souvent devant son quartier général de la rue du Jour à Paris 2ème arrondissement, j’ai pu noter de très fréquentes références à Jean-Michel Basquiat sur les murs ou sur les étagères du showroom/boutique, que ce soit sous la forme de phrase de référence à l’artiste, de reproductions de toiles, ou de collections (tshirts, chemises, robes… inspirés de ses toiles). Agnès b. a également fortement encouragé le développement et la reconnaissance du graffiti en tant que forme artistique en France. (Nahuel Serrano)

C’est à l’occasion de l’inauguration de sa galerie qu’elle parle de l’influence de Jean-Michel Basquiat dans sa vie :

Hans Ulrich Obrist

Au début de ta collection, il y a eu Basquiat.

agnès b.

J’ai découvert Jean-Michel Basquiat lors de la Biennale de Paris en 1983. Un grand tableau au fond blanc parsemé de petites silhouettes noires m’a sauté aux yeux. Il y avait aussi du rouge et du jaune. Tellement touchée par ce travail, j’ai voulu en avoir un. C’est alors Philippe Briet qui a acheté l’Autoportrait pour moi dans l’atelier de Basquiat à New York. Lors de sa dernière exposition chez Yvon Lambert au printemps 1986, nous avons été présentés. Il était magnifique avec ses cheveux attachés en trois masses, une au milieu, les deux autres de chaque côté, comme dans le Polaroïd de Warhol. Il portait un costume marron. On ne voyait que lui. Il s’est alors adressé à moi en disant: «So that’s you!». Sortant de la galerie un quart d’heure après, on m’appelle de la pizzeria d’en face: «Agnès, Agnès!». C’était lui qui m’attendait. Nous avons parlé pendant deux heures. J’en ai oublié mon dîner chez mon ami Jean-Charles de Castelbajac. Quelques mois plus tard, j’ai appris qu’il était mort. J’étais si triste.

agnès b.

J’ai toujours aimé les graffitis depuis ceux que j’ai vu enfant sur le tronc des hêtres dans la forêt de Marly, ou bien ceux taillés dans la pierre de la carrière des Baux par exemple. A New York, fin 70 début 80, je me suis passionnée pour ceux qui envahissaient alors la ville et le métro. Je me souviens de SAMO, le tag de Basquiat, que je ne connaissais pas encore. J’ai acheté à ce moment-là ou peu après le très beau livre sur les graffs du métro préfacé par Norman Mailer. Ce texte est pour moi très important et très beau.

Dès l’ouverture de la galerie en 84, j’ai cherché à montrer ce qui était pour moi un art de la rue, les travaux des Ripoulin (Piro Kao, 3carrés, Ox, Manhu, Nina Childress, Closky et Bla+Bla+Bla) que ceux-ci collaient à l’époque sur les grands panneaux publicitaires du métro.

J’aime montrer à la galerie ce qui me frappe dans ce qui se passe “dehors”, souligner ce qui me semble important dans cette expression furtive et déterminée.

 

Johnny Depp au sujet de Jean-Michel Basquiat

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Johnny Depp est un acteur, réalisateur, guitariste, scénariste et producteur de cinéma américain, né en 1963 dans le Kentucky (États-Unis).

D’une manière générale, les personnages atypiques qu’il incarne ont en commun audace et originalité et se démarquent du commun des mortels.

Au début des années 1990, il a commencé à collaborer avec celui qui est devenu son réalisateur fétiche et son ami, Tim Burton, avec lequel il a tourné plusieurs films.

Johnny Depp, dans son style de vie, sa façon d’être, ses choix artistiques et son style vestimentaire très ‘dandy’ me semble en effet très inspiré par Jean-Michel Basquiat qu’il a d’ailleurs personnellement ainsi que sa compagne de l’époque Madonna. (Nahuel Serrano)

“Certaines de ses oeuvres me tuent et d’autres ne me font absolument aucun effet. Mais une fois que tu es touché, tu peux soit être dévoré par une espèce de quiétude intérieure, soit te retrouver plié en deux d’un fou rire énorme et douloureux.

Car quels que soient l’honnêteté, l’histoire ou le vécu qui jaillissent à travers ses dessins, peintures, objets, écrits ou autres…, son sens de l’humour est assassin. Jusque dans son travail le plus poignant, son diabolique sens de l’absurde éructe, sans aucun filtre. Tout comme ses déceptions sincères concernant l’humanité, ou les espoirs qu’elle lui inspirait. (…)

Quand on observe son travail, il est difficile de ne pas remarquer le soin presque pervers apporté au moindre détail brut, une sensation de concentration précisément distraite. Aussi crue soit l’image, aussi rapide semble l’exécution, les moindres trait, ligne, rature, goutte, empreinte de pied, de doigt, mot, lettre, déchirure et imperfection sont là uniquement parce qu’il a permis qu’ils soient là.

Chaque fois que je regarde ses peintures ou dessins, ils prennent vie sous mes yeux ; et si Jean-Michel Basquiat était resté dans le coin un peu plus longtemps, j’aime imaginer qu’il se serait finalement tourné vers l’animation, au moins pour un temps, combinant sa musique, son langage et ses dessins en une mouvance peut-être plus facilement acceptable pour les honneurs et les cadres, mais qui aurait ouvert les vannes afin que ses messages attaquent les foules. (…)

Si Jean-Michel Basquiat avait survécu aux temps qui l’ont finalement emporté loin de ce monde, qui sait ce qu’il aurait été capable de faire. Les possibilités sont infinies. Rien ne peut remplacer la chaleur et l’immédiateté de la poésie de Basquiat, ni les questions et les vérités définitives qu’il transmettait.

La musique, belle et dérangeante, de ses peintures, la cacophonie de son silence, prenant nos sens d’assaut, résonneront bien au-delà de nos respirations. Basquiat était, Basquiat est musique… primitive et féroce.”

 

Macklemore explique comment Basquiat a changé son approche de l’art

Le rappeur Macklemore me semble très attaché à l’artiste et en parle avec beaucoup d’émotion et même d’amour. (Nahuel Serrano)

“Je m’appelle Ben Haggerty, mon nom de scène est Macklemore. Je me suis complètement identifié à l’oeuvre de Jean-michel Basquiat depuis que j’ai une vingtaine d’années. J’écris, et je reprends, reprends, reprends mon travail… jusqu’à ce que ce soit parfait, jusqu’à ce que j’obtienne LE morceau de rap.

Basquiat lui, il ne faisait pas comme ça, il était libre. Il suffit de voir la manière dont il tenait son pinceau.

Je donne tout ce que j’ai pour arriver à cela, être libre, en tant qu’artiste. Basquiat, il était déchaîné, tout le monde l’aimait et il a rencontré Warhol et tout le monde l’a démoli.

Et c’est tellement bizarre, en tant qu’artiste, de faire quelque chose de pur, qui vient du coeur, qui représente qui on est vraiment et d’avoir un groupe de personnes qui vous (…) à la gueule.”

 

JAY-Z se paie un Basquiat à 4,5 millions de dollars

La superstar du rap américain fête Noël avant l’heure en s’offrant une toile de Jean-Michel Basquiat qui représente son cher Empire State Building.

Le New York Post a révélé que Shawn Carter (alias JAY-Z) était l’acheteur anonyme de ce tableau peint en 1982. Intitulé “Mecca”, il représente le fameux Empire State Building surplombé d’une couronne, motif très présent dans l’œuvre de l’artiste/graffeur. Autant de références qui ont dû taper dans l’œil de l’auteur de “Empire State of Mind”.

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Cet achat confirmerait que la passion pour l’art étalée par Jay-Z dans le morceau “Picasso Baby”, qui ouvrait son dernier album, Magna Carta Holy Grail, n’était pas seulement pour que ‘ça rime’. Dans ce titre, Jay déclarait vouloir un “Picasso in my casa”, citait Rothko, Jeff Koons, Bacon, et bien sûr Jean-Michel Basquiat (“It ain’t hard to tell, I’m the new Jean Michel“, “Yellow Basquiat in my kitchen corner“), comme lui originaire de Brooklyn.

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On se souvient aussi que le rappeur s’était inspiré sur le titre “Most Kingz” d’une œuvre de Basquiat, “Charles the First”, dont il possède une reproduction.

Dans son livre Decoded, voilà ce que Jay-Z disait de Basquiat :

Il était hip-hop quand le hip-hop était encore dans son berceau. Dans le clip de “Rapture” de Blondie, on voit Basquiat, jeune et mince, devant des platines pendant que Debbie Harry se pavane. Il jouait des morceaux de Spoonie Gee (pionnier du rap, NDLR) à des vernissages. Sa technique était hip-hop dans le sens où elle combinant différentes traditions et techniques pour créer quelque chose de nouveau. Il a mélangé des éléments du street art et des grands maitres européens. Il a combiné la peinture et l’écriture. Il a combiné des icônes chrétiennes, Santeria et voodoo  Il a pris des boxers et des musiciens de jazz et en a fait des rois avec des couronnes en or. Et en plus de tout ce métissage, il a ajouté son propre génie, ce qui a transformé ce travail en quelque chose de complètement nouveau et original. Ces peintures ne restent pas assises sur mes murs, elles bougent follement.

Une reproduction de Basquiat que je possède s’appelle Charles the First – elle parle de Charlie Parker, le pionnier du jazz mort jeune à cause de l’héroïne, comme Basquiat. Dans un coin il y a ces mots : MOSTYOUNG KINGS GET THEIR HEAD CUT OFF (tous les jeunes rois se font couper la tête)… Je prends ça comme une affirmation sur ce qui arrive quand on atteint une certaine position. Vous devenez une cible. Les gens veulent votre tête, votre couronne, votre titre. Ils veulent vous émasculer…

Quand Basquiat a peint Charles the First il n’avait que 22 ans. Les gens ont essayé de mettre Basquiat dans une case, de lui coller une image qui durerait pour pouvoir facilement le traiter comme un produit standardisé. Mais il était élusif. Ses yeux voyaient plus grand que ça…

Un critique a dit à propos de Basquiat que les garçons de ses peintures ne devenaient pas des hommes mais des cadavres, des squelettes et des fantômes. Peut-être que c’est la malédiction d’être jeune, noir et doué aux Etats-Unis. J’essaie de réécrire ce vieux script, mais la peinture de Basquiat résonne sur mon mur comme un avertissement.

Basquiat inspire les écrivains français

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 Bordel est une revue littéraire créée en 2003 par Frédéric Beigbeder et Stéphane Million.

 Elle se présente comme une « initiative bordélique » de mélanger des écrivains d’aujourd’hui en leur laissant toute liberté.

 Bordel consacre son neuvième numéro à une muse bien particulière : Jean-Michel Basquiat. 

 ‘Une trentaine d’auteurs français, plus Johnny Depp qui signe ici sa première parution, s’adonnent à une l’interprétation-fiction, de l’artiste américain au travers de  nouvelles et saynètes. ‘Peu ont croisé Basquiat, tous ont caressé la légende.’

 Avec Jérôme Attal, Sylvie Bourgeois, Thomas Bouvatier, Mathias Bresson, Yan Céh, Régis Clinquart, Pierre Cornette de Saint Cyr, Wendy Delorme, Erwan Denis,  Johnny Depp, Virginie Despentes, Roxane Duru, Adeline Grais-Cernea, Barbara Israël, Yasmina Jaafar, Matthieu Jung, Aude Kerville, Jonathan Lambert, Louis  Lanher, Thomas Lélu, Stefan Liberski, Céline Navarre, Martin Page, Denis Parent, Renaud Santa Maria, Yves Simon, Valérie Tong Cuong, Hélèna Villovitch.

Jean-Charles de Castelbajac (créateur de mode) a dessiné la couverture en quatre couleurs parfums : fraise, pistache, vanille, violette.

 Cliquer pour lire la nouvelle de Valérie Tong Cuong :

Valerie Tong Cuong – Les nouvelles – Johnny et Jean-Michel

Dans la presse :

« Mobilisant la jeune garde de la littérature française, on y retrouve des textes signés Roxane Duru, Sylvie Bourgeois, Barbara Israël ou encore Thomas Lélu. L’acteur Johnny Depp, spécialiste du premier artiste graffeur, ouvre la revue par un article traduit par Virginie Despentes. »

Livres Hebdo

« L’enfant Radieux. La couverture est signée Jean-Charles de Castelbajac, la préface Johnny Depp. Ami de Warhol et Madonna, Jean-Michel Basquiat le valait bien. »

Point de vue par Barbara Lambert

‘En 1988, Basquiat meurt emporté par une surdose d’héroïne. Bien plus tard, on retrouve de lui cette note : « Depuis l’âge de dix-sept ans, je rêvais de devenir une star. Je songeais à tous mes héros, Charlie Parker, Jimi Hendrix… J’avais une image romantique de la célébrité. »

La parution de ce numéro spécial de « Bordel » tombe à point pour notifier que le romantisme a bien gagné.’ (Jean-Philippe Renoult)

Basquiat inspire la peinture

Sur la toile, nous n’avons trouvé que très peu d’artistes peintres se référant à Jean-Michel Basquiat.

D’après le journaliste du Monde, Leonhard Emmerling, c’est peut être “le caractère totalement singulier de l’oeuvre de Basquiat qui l’a empêché d’exercer une influence identifiable sur la peinture des années suivantes et qui fait d’elle un surprenant solitaire au sein de l’histoire de l’art.”

Quelques exemples isolés :

Massive Attack et Basquiat

Nous avons créé le groupe Massive Attack en 1988 et l’influence de Basquiat a toujours été présente. Avec lui, le champs des possibles était infini. Son style ne pouvait pas être copié, même si on pouvait essayer d’en voler un petit peu. J’ai commencé à peindre au pinceau plutôt qu’avec des bombes, à travailler avec plus de spontanéité et d’audace. La collaboration de Basquiat avec Warhol a réouvert mes yeux au monde du pop art et j’ai quitté le graffiti pour voir si je pouvais peindre d’une façon plus symbolique.

L’influence de Basquiat continue à s’infiltrer dans les visuels que je crée pour les concerts de Massive Attack, j’utilise des slogans abstraits et des données sociales et politiques.

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Del Naja’s artworks on show at the Lazarides gallery in London in May 2013. 

 

Le rappeur TYGA a récemment partagé une photo de lui sur le réseau social Instagram où on le voit apparaître devant ce qu’il qualifie comme ‘sa première oeuvre d’art’.

Sur sa toile de grand format, il a peint divers symboles égyptiens (des serpents, l’Oeil d’Horus, une Ankh (croix ansée, etc.) et se dit inspiré par le travail de Jean-Michel Basquiat.

Evidemment, les commentaires sous la photo vont de ‘Génial !’ à ‘Haha, qu’est qui leur prend aux rappeurs de se mettre à peindre’.

Nous pensons que c’est plutôt intéressant de voir des musiciens tâter d’autres formes de créations artistiques. On a beaucoup parlé de l’influence de Basquiat sur le hip hop, et nous sommes curieux de voir si TYGA va poursuivre dans cette voie ou si c’est juste une passade.

 

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Ou encore, un certain Antoine, artiste originaire de Saint Quentin dans l’Aisne.

“Mon style est inspiré du graffiti que je pratique dans ma jeunesse sur les murs de ma ville, accompagné d’autres artistes. Les voyages forment la jeunesse, je me suis donc formé en voyageant en Europe ainsi qu’en Asie et en Afrique. Dans mon travail, toute personne connaissant un peu le graffiti à Saint Quentin, malheureusement trop rares, reconnaîtra la patte « faubourg d’Isle », mon quartier que j’ai quitté depuis. Je puise également des parts de mon univers dans les livres, de John Fante à Jack London, dans les bandes dessinées ou encore dans les peintures de Basquiat, Harring ou Georges Grosz ainsi que dans le cinéma, la poésie…”

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Basquiat inspire la mode

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Il peignait ses toiles en costumes Dior ou Armani, a défilé en 1987 pour la collection homme Printemps-Eté de Comme Des Garçons, s’est lié d’amitié avec Agnès b. et Jean Charles de Castelbajac… Jean-Michel Basquiat était rebelle, insolent, capricieux, égocentrique, infidèle, parano…

Peintre sans atelier, son art envahissait les murs de Brooklyn, son appartement, le dressing de sa petite amie… Un soir d’été 86, il se réveille en pleine nuit pour offrir une oeuvre à son amoureuse, Suzanne Mallouk. Il fouille dans son loft à Soho. Pas de toile vierge. Il entreprend alors de peindre la robe préférée de Suzanne. Une robe complètement blanche que Jean-Michel Basquiat va complètement recolorer. Suzanne ne lui pardonnera pas. “Tu parles d’un cadeau, une robe pleine de graffitis…”

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Un art singulier, une allure griffée. Basquiat était un créateur connu pour son sens inné du style. Ses amis l’enviaient aussi pour ça. “Il lui suffisait de se rendre dans une friperie avec seulement 3 dollars pour sortir habillé comme un prince.” Autant dans sa période SDF que quand il est devenu milliardaire, Jean Michel Basquiat possédait une vrai signature mode. “Il avait une allure effrayante, un manteau trop grand pour lui, des cheveux étranges, il me faisait un peu peur.” avoue Suzanne Mallouk, l’amour de sa vie.

Une floppée de locks, un manteau oversize, des pantalons couture tachés de peinture. Une allure à la fois négligée, sophistiquée et insolente. ‘Un dandy sans royaume’. Basquiat était quelqu’un et ça se voyait.

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Arrogant avec le luxe, il n’usait d’argent que pour l’art. Milliardaire à 25 ans, il n’hésitait pas à remplir son frigo de caviar ou cachait sa fortune dans les livres de sa bibliothèque. Les soirs, quand il rentrait du club 54, sans se changer il gardait son costume Armani, payé une fortune la veille, et peignait des toiles jusqu’au matin.

En 1987, la très discrète Rei Kawakubo sollicite Andy Warhol pour jouer les mannequins pour son prochain défilé. Warhol refuse l’invitation et propose à Jean-Michel Basquiat de défiler à sa place. La créatrice tombe sous le charme, Samo défilera pour la collection homme printemps-été de Comme des Garçons. 

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Aujourd’hui encore Jean-Michel Basquiat ne cesse d’inspirer les marques. Uniqlo et Agnès b. ont surfé sur la tendance Basquiat en lançant des t-shirts à l’effigie de son art. Reebok, la marque de sportwear s’achète une crédibilité arty et signe pour la troisième fois une ligne de chaussures pour hommes et femmes reprenant les toiles du peintre.

Basquiat était un artiste débordé, inspiré voir hanté.

Aujourd’hui il inspire encore… avec cependant plus ou moins de succès et de reconnaissance pour les marques qui exploitent ses oeuvres.

MoMA cède les licences Warhol, Pollock, et Basquiat à la marque Uniqlo

uniqlo La marque de vêtement japonaise Uniqlo se tourne vers l’art contemporain pour sa ligne  SPRZ NY, qui s’inspire des oeuvres exposées au MoMa  de New York  des artistes  Andy WarholJackson PollockKeith Haring, et Jean-Michel Basquiat.

 Comme le monde de l’art devient de plus en plus entremélé avec celui de la culture populaire, un nombre croissant de marques et de projets  s’inspirent de l’art contemporain. 

 Avec sa ligne art-meets-fashion (quand l’art rencontre la mode) Uniqlo ne cherche pas seulement à transformer la manière dont les américains font  leurs achats en proposant des vêtements performants à des prix abordables, la marque cherche aussi à faire descendre l’art dans la rue. Dans la  plus belle boutique de la marque sur la Cinquième Avenue à New York, la nouvelle collection est présentée dans des vitrines de verre  illuminées à la manière du musée. Les autres boutiques opteront pour des présentations plus traditionnelles, mais elles inclueront les biographies des artistes, brouillant la frontière entre l’art et les biens de consommations. 

 

Supreme présente sa collection Basquiat

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La collection capsule Basquiat était très attendue et a été lancée par la marque de streetwear newyorkaise Supreme pendant la collection automne-hiver 2013. Des oeuvres de l’artiste prolixe et aussi connu par son graffiti SAMO ont été imprimées sur divers supports : chemises, t-shirts, blousons, sweatshirts… qui présentent tous un logo Supreme des plus petits pour permettre au graphisme de Basquiat de parler pour lui-même. Le célèbre portrait en noir et blanc de Basquiat par le photographe afro-américain James Van Der Zee a été imprimé sur un grand nombre de pièces dans diverses tailles. 

Commentaires des fans de Supreme

(on remarque qu’ils sont plutôt négatifs, et de fait la collection Basquiat ne s’est pas très bien vendue)

– Oh mon Dieu !

– J’adore la collection. Je vais en acheter une pièce pour mon ami à Noël !!! Je viens de découvrir Basquiat en écoutant Jay-Z.

– Suffit-il vraiment de coller un logo Supreme pour qu’un motif horrible devienne cool ? Franchement décevant.

– On dirait le dernier clou du cercueil !! Repose en paix Supreme – c’était chouette jusqu’à ce que ça ne le soit plus !!!

– Malheureusement, cette collection sera épuisée en à peine 30 secondes. Supreme ne fait que commencer.

– Mes pensées sont avec l’équipe de création de Supreme en cette période apparemment difficile et sans fin de naufrage créatif..

Jean-Michel Basquiat pour Komono

Komono, la marque belge de montres et de lunettes, lance une collection inspirée de Basquiat. Le résultat est à la hauteur de l’icône: street et unique. 

Chaque montre KOMONO x Jean-Michel Basquiat représente un tableau de l’artiste.

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Jean-Michel Basquiat pour la collection Reebok 2013

La saison automne/hiver 2013 a été marquée par la dernière collaboration entre Reebok (programme ‘Affili Art’) et les oeuvres de l’artiste neo-expressionniste Jean-Michel Basquiat. Une fois de plus, la collection imprime et brode la création inspirée de Basquiat sur des baskets montantes de luxe. En fusionnant le monde de l’art et celui de la mode, la collection cherche à transmettre les messages audacieux des oeuvres de Basquiat. 

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Quelques réactions mitigées du public :

‘Tout cela ne fait aucun honneur à l’oeuvre de Basquiat. C’est juste embarrassant qu’ils mettent ça en vente.’

‘Ils ont mis en vente des Reeboks Basquiat dans le centre commercial à côté de chez moi pour 40$ et honnêtement tout le monde s’en moque !’

‘La vraie question est de savoir qui fera la prochaine collaboration avec Basquiat….’

‘ls pourraient faire une collaboration avec Picasso lui même, je n’achèterais jamais une paire de Reeboks.’

Mais selon moi, tout ce qui est créé pour partager l’oeuvre de Basquiat avec le grand public est une bonne chose. Pour l’art ou la mode, si on n’aime pas, on n’achète pas mais on essaye de ne pas être négatif et de faire preuve de respect.

 


Basquiat inspire la coiffure

Les locks et Basquiat, c’est une grande histoire. Il les conservait précieusement comme la marque de sa négritude.

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Jean-Michel Basquiat  a été le premier artiste noir à être acclamé sur la scène internationale.

Au delà de sa garde-robe excentrique, bien sûr sa coiffure.

Les cheveux de Basquiat passèrent par beaucoup de changements pendant sa carrière professionnelle. Mais, à part l’époque SAMO (immédiatement après son arrivée à New York où il se rase la tête à l’iroquoise), tous ses styles de coiffures ont suivi plus ou moins la même silhouette : de faux-dreadlocks dressés sur la tête.

Pour le public, Basquiat était le ‘noble sauvage’, un artiste inexpérimenté, un homme noir urbain, approchant l’art de manière complètement intuitive et allant contre les canons et les traditions occidentales.

Pour le monde entier, son art avait pour préface son style, un homme noir avec une coiffure et une garde-robe de sauvage, qui avait pénétré le monde de l’élite artistique.

Ce style de coiffure peut aujourd’hui se retrouver chez beaucoup d’afro-américains ou -européens, dans la rue comme sur les podium des défilés de mode.

Basquiat inspire la musique

En mai 1979, Basquiat fonde le groupe Gray qui s’apparente à la Noise Music, une combinaison dans l’esprit Punk, de Jazz et de Pop. Il est possible d’interpréter sa technique picturale comme l’adaptation des musiques qu’il affectionne (Jazz et Bebop) aux arts visuels.

On peut dire qu’il est aux origines de la culture hip hop par ses racines, ses modes d’expression et de vie, sans pour autant que sa propre musique soit source d’inspiration pour d’autres groupes.

On le note très présent dans l’univers de la musique rap dès les années 80

Jean-Michel Basquiat en DJ dans la vidéo de Blondie sur le titre “Rapture”, 1981

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Dans la video de Blondie sur le titre “Rapture”, Basquiat fait une apparence en tant que DJ dans la scène de la discothèque. Basquiat a été engagé pour le rôle quand Grandmaster Flash ne s’est pas présenté sur le tournage.

 

Remarque préliminaire :

Chez beaucoup de rappeurs d’aujourd’hui, on note une vraie méprise : ‘je suis comme Basquiat, je suis parti de rien…’. Comme nous l’avons vu en introduction, c’est une affirmation complètement fausse, Basquiat était particulièrement doué, cultivé, né dans une famille attentive à son éducation – ce n’est pas partir de rien. Reste que nombreux musiciens de rap le mentionnent dans leurs paroles (Nahuel Serrano)

 

A$AP MOB et Basquiat 

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A$AP Rocky, le rappeur membre du groupe A$AP MOB basé à Harlem, à New York, est également un collectionneur d’oeuvres d’art depuis 2011. Il possède, entre autres, des oeuvres de Van Gogh et Andy Warhol. Toutefois, Jean-Michel Basquiat occupe un statut particulier. En effet, ce rappeur collectionneur assure qu’aujourd’hui tous les artistes du monde du hip hop sont influencés par Jean Michel Basquiat. Ce peintre est une  source d’inspiration pour lui, tout comme pour d’autres rappeurs, tels que Jay Z, Kanye West, Rick Ross, Danny Brown, etc. Sur cette photo, le rappeur porte un sweatshirt de la collaboration de la marque de streetwear Supreme et de  l’artiste Basquiat lui même. De plus, dans la musique Phoenix, A$AP Rocky cite Basquiat dans le premier couplet :

“Who am I, Lord Flacko, painting vivid pictures, call me Basquiat, Picasso” (trad. Qui suis-je Lord Flacko, je peins des tableaux saisissant, appelez-moi Basquiat, Picasso)

Le rappeur A$AP FERG, du même collectif A$AP MOB, cite également Jean Michel Basquiat, comme l’un de ses artistes favoris.

Il affirme que lui aussi a parcouru le monde entier et est arrivé au sommet en partant de rien, tout comme Basquiat.

 

Couverture du magazine Complex édition février/mars 2012

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La couverture de notre publication sur  Jeremy Scott x A$AP Rocky est encore une fois un hommage au poster de boxeurs de Warhol et Basquiat.

Une version du poster a également été utilisé comme affiche publicitaire du documentaire paru en 2010 sur la vie de Basquiat, “Jean-Michel Basquiat – The Radiant Child”.

 

Decoded, l’autobiographie de Jay-Z, 2010

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Jay-Z révèle quelques-unes de ses paroles les plus intéressantes et secrètes dans son autobiographie Decoded, qui incluent sa référence à Basquiat dans la  “Grammy Family Freestyle.”Jay-Z  cite l’oeuvre de Basquiat Charles The First comme source d’inspiration pour les paroles “most young kings get their heads cut off” de la chanson “Most Kingz.” (trad. la plupart des jeunes rois se font couper la tête). Il commente également le combat de Basquiat avec la célébrité et la mort par overdose de l’artiste qu’il considère comme un avertissement

 

Gym Class Heroes

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Chanson : “To Bob Ross with Love”
Album : The Papercut Chronicles, 2005

Paroles : ‘Now watch me rock the spot like Basquiat, minus the heroin and make my face popular like Andy did to Marilyn.’ (trad. Regardez-moi chauffer l’ambiance comme Basquiat, mais sans l’héroïne, et rendre mon visage aussi populaire que celui de Marilyn par Andy)

 

Havoc (Mobb Deep), 2001

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Chanson : “Get At Me”
Album : Infamy

Paroles : Do my dirt quicker from my early days swifter/With the gat, I’m like Basquiat, painting that picture (trad. Je suis comme Basquiat, en train de peindre)

 

Pochette artistique de l’album “Ignorant Art” d’Iggy Azalea’,” 2011 :

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La création de la pochette de l’album ‘Ignorant Art’ de la rappeuse australienne Iggy Azalea fait référence au très célèbre poster d’Andy Warhol et Jean-Michel Basquiat représentés en boxeurs. Le poster avait été créé à l’origine pour une exposition commune des deux artistes à New York dans le quartier de SoHo en 1985.

 

Kanye West, 2011

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Chanson : Jay-Z + Kanye West – “That’s my Bitch” featuring Charlie Wilson, Elly Jackson
Album : Watch the Throne

Paroles : She say I care more about them basquions, Basquiats she learning a new word, it’s yacht/Blew the world up as soon as I hit the club with her,/Too short called, told me I feel in love with her. (trad. Elle dit que je m’occupe trop de ces petits ‘basquillons’, Basquiat elle apprend un nouveau mot)

 

Kid Cudi – musique de la video “Ghost”, 2011

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Steve Brown a créé la vidéo non-officelle pour la chanson “Ghost” de Kid Cudi après avoir réalisé les ressemblances physiques et artistiques entre le rappeur et Basquiat. La video rassemble des clips du pseudo-documentaire de Glenn O’Brien “Downtown 81,” avec Basquiat, et qui utilise la chanson “Ghost” de  Cudi en bande-son.

 

Rick Ross, 2011

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Ricky Rozay est bien connu pour être un fan de Basquiat, et il a rendu hommage à l’artiste en se faisant tatouer un portrait de Basquiat sur la cuisse.   Aucune image de son tatouage n’a été dévoilée au public.

 Chanson : Lil Wayne featuring Rick Ross – “John (If I Die Today)”

Album : Tha Carter 4

Paroles : Red on the wall, Basquiat when I paint/Red Lamborghini ’til I gave it to my bitch. (trad. Rouge sur le mur, Basquiat quand je peins.)

 

Swizz Beatz, 2008

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Swizzy rap souvent au sujet de Basquiat et le présente comme son idole artistique disparue. Il a deux tatouages hommage à Basquiat sur son corps. Il possède six de ses oeuvres.

Chanson : “That Oprah”

Album : Single Only

Chanson : Bill Gates, Steve Jobs, iPhone, Microsoft/My paper is very long, your paper is very soft/I am a big BOSS, Boy, get lost, My new Basquiat, H.O.V. know what that cost.